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Tuesday 20 August 2019
 
 

3.jpg Le tourisme en Algérie " Reportage sur le Tourisme en Algérie"

Le tourisme en Algérie a longtemps été à l’abandon mais l’Etat semble décidé à redonner à ce secteur une dynamique à même de générer des emplois et des recettes.

Dans sa volonté de diversification de son économie, l’Algérie prévoit de mettre le tourisme au premier plan de sa stratégie de développement.

La démarche passe inévitablement par l’impératif d’encourager les professionnels du tourisme existants, de mettre à niveau les structures touristiques publiques et, enfin, d’attirer plus d’investissements directs étrangers (IDE), pour créer de la valeur ajoutée et de l’emploi. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), l’Algérie est la quatrième destination la plus populaire.

Dans un article publié le  31-12-2018 par "elmoudjahid.com"

M. Nabil Melouk, chargé de la promotion touristique au Ministère du Tourisme et de l'Artisanat

En matière de promotion du tourisme, l’Algérie a tout misé pour attirer un nombre important de touristes étrangers à visiter notre pays en occultant de promouvoir la destination Algérie à l'adresse des touristes locaux. Résultat, les nationaux se plaignent de l’absence du tourisme domestique et les étrangers se font rares. Doit-on changer de politique ?

La politique touristique en Algérie adoptée par les pouvoirs publics dans le schéma-directeur d’aménagement touristique (SDAT) à l’horizon 2030, insiste sur un développement harmonieux et durable de la destination touristique «Algérie ». Elle vise, notamment à développer trois cibles de marchés touristiques, le premier est celui des nationaux (tourisme interne) comme priorité, le second en direction de la communauté algérienne établie à l’étranger et le troisième un tourisme destiné aux étrangers. Dans le cadre de cette orientation, le ministère en relation avec les opérateurs de tourisme, publics et privés, est en train de favoriser le tourisme interne à travers un ensemble d’actions et de dispositifs. Des conventions ont été signées entre le groupe HTT (société publique en charge des hôtels et stations thermales) et l’UGTA, afin d’accorder des tarifs de séjours préférentiels aux travailleurs (de 35 à 50 % de remise). Pour le transport aérien, et en vue d’encourager le tourisme saharien envers les algériens, des conventions avec les compagnies Air Algérie et Tassili Airlines, qui accordent une réduction de 50% au profit des groupes de touristes voyageant avec des agences de tourisme et de voyage.

Une autre convention avec Air Algérie vise à promouvoir la destination touristique Algérie, par le biais de son réseau d’agences et à bord de ses avions, en utilisant tout type de support de promotion et de communication afin de mettre en œuvre un processus de marketing offensif et régulier. Cette communication institutionnelle et commerciale qui occupe une place prépondérante dans notre politique de promotion du tourisme interne, est déjà inscrite dans le plan d’action du secteur, qui est en cours d’exécution, en partenariat avec les médias classiques et modernes. Dans cette démarche, une importance primordiale a été accordée aux technologies de l’information et de la communication, qui s’est concrétisée par le lancement d’un portail web consacré spécialement à la promotion de la destination Algérie. Des applications web sur smartphone, destinées à inviter les algériens à découvrir les potentialités touristiques de leur pays et à visiter les différentes régions, ont été lancées dans le cadre des projets de jeunes Start-up.

Comment peut-on, justement, redonner confiance aux Algériens pour les amener à vouloir découvrir les capacités de leurs pays ? Entre la cherté des prestations et la médiocrité des services il y a beaucoup à faire, comment remédier a cela ?

Cette problématique objective que vous soulevez, est une véritable préoccupation des pouvoirs publics afin de remédier à cette situation, et un grand défi à relever. La confiance peut revenir à travers l’offre d’un produit touristique local compétitif, qui prend en considération le rapport qualité/prix.

Le contrôle et la régulation de l’activité touristique comme mission principale de l’Etat, est un moyen efficace afin d’améliorer la qualité de service au niveau des établissements et entreprises touristiques, accompagné d’un Plan qualité tourisme Algérie (PQTA) en cours de réalisation et qui constitue une dynamique principale du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT). Une politique d’investissement basée sur la diversification de l’offre touristique, est en train d’être appliquée afin de répondre aux besoins des différents types de clientèles, prenant en considération la demande de la famille algérienne. A ce titre, le parc hôtelier recense 116.000 lits avec une capacité de 1.329 établissements, en plus de 803 projets d’investissement en cours de réalisation pour une capacité de 103.000 lits, et 89 projets réalisé en phase d’équipement avec une capacité de 8.100 lits.


Les experts affirme que le plus grand obstacle devant le tourisme interne est bien le manque de culture de tourisme, que doit-on faire pour changer cela ?

La culture de tourisme est un facteur lié au comportement et à la mentalité du citoyen algérien. Un effort de socialisation et de sensibilisation en direction du public, toutes catégories sociales confondues, qui nécessite l’implication de tous les secteurs et la société civile, est une condition essentielle dans l’objectif d’instaurer cette culture que nous sommes en train de chercher. On peut citer les principaux secteurs qui peuvent être concernés par cette action, comme l’Education et l’Enseignement, la Jeunesse et Sports, la Formation professionnelle, les Affaires religieuses, les compagnies de transports, les taxis, les corporations et associations, les commerçants et. Aussi, il est important que les médias lourds et les réseaux sociaux sur internet, jouent un rôle déterminant dans cette démarche nationale. C’est qu’à travers l’appropriation de cette culture de tourisme qui est liée aussi au savoir vivre, qu’on pourra participer à un développement touristique durable. Le ministère est conscient de cette problématique, ce qui lui a incité à favoriser une action pédagogique et de partenariat avec la société civile, en plus du travail intersectoriel.


Certaines agences de voyage reconnaissent leur désintérêt pour le tourisme interne argumentant la cherté des séjours et des produits quasi-inexistants dans certaines régions du pays. Face à ce désintérêt, des familles tentent de trouver une solution secondaire. Bien que moins rassurante, la consultation des sites qui proposent des produits. Ce procédé a ouvert la porte de l’arnaque dont ont été victimes des citoyens crédules. Que compte faire le ministère contre cela ?

Le marché touristique est soumis à la règle de l’offre et de la demande. La concurrence est en phase de propagation, avec le nouvel essor d’investissement touristique que connait l’Algérie dans le domaine des infrastructures d’hébergement, de restauration, et de loisirs. L’agence de tourisme et de voyage est censée être consciente, que son activité principale, est le montage et la commercialisation d’un produit touristique national en relation avec les hôtels et les autres secteurs concernés. A cet effet, le ministère vise à impliquer davantage les agences de tourisme et de voyages dans l’action de développement du tourisme domestique, par l’instauration d’un partenariat «gagnant-gagnant» entre les opérateurs du tourisme et de voyages et de l’hôtellerie afin de tisser des liens de coopération pour créer et proposer un produit touristique concurrentiel avec des tarifs attractifs et accessibles aux clients nationaux. Le marketing par internet, s’impose comme moyen indispensable en vue de faire connaître le produit touristique national et le vendre de manière professionnelle. C’est pour cela que le ministère a lancé dans ce sens une action de sensibilisation envers les opérateurs de tourisme. D’un autre coté l’activité est subordonnée à l’obtention préalable d’une licence d’exploitation délivrée par le ministre chargé du tourisme, après avis de la commission nationale d’agrément des agences de tourisme et de voyages. L’obtention de la licence est elle-même soumise à plusieurs conditions. Le demandeur devra ainsi être âgé de 21 ans, au moins, justifier d’une aptitude professionnelle en rapport avec l’activité touristique, attestée, au moins, par soit une licence en tourisme délivrée par un établissement d’enseignement supérieur ; soit une licence d’enseignement supérieur et une ancienneté d’une année dans le domaine du tourisme, soit un diplôme de technicien supérieur en tourisme ou hôtellerie et une ancienneté d’une année dans le domaine du tourisme. Aussi et lorsque le demandeur ne remplit pas les conditions d’aptitude prévues ci-dessus, il doit bénéficier de la collaboration permanente et effective d’une personne physique répondant à ces conditions : Par ailleurs, la demande de licence d’exploitation d’une agence de tourisme et de voyages est soumise à l’enquête préalable des services de la direction générale de la sûreté nationale ou de la Gendarmerie nationale. La demande de licence est refusée si les conditions nécessaires à sa délivrance ne sont pas remplies ; si l’enquête menée par les services de la direction générale de la Sûreté nationale ou de la Gendarmerie nationale est rendue défavorable ou/et si le demandeur a déjà fait l’objet de retrait définitif d’une licence d’agence de tourisme et de voyages ».

Propos recueillis par F. L.

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/132061